Le 08/06/2026Coup de froid sur la tech ? L'hebdo Athymis Gestion
« A court terme, le marché est une machine à voter, à long terme une machine à peser » – Benjamin Graham.
Semaine difficile pour les grands indices US.
L’amélioration récente du marché du travail US s’est poursuivie en mai, les créations d’emplois ayant dépassé le consensus des économistes pour le troisième mois consécutif. L’économie américaine a ainsi créé 172 000 emplois en mai. Le taux de chômage s’établit à 4,3%. Cette annonce a relancé les anticipations de hausse de taux, ce qui a pesé sur les indices vendredi. Selon CME FedWatch, il y a dorénavant 72% de probabilité de hausse de taux d’ici décembre. Les taux se sont de nouveau tendus avec un 2 ans US clôturant à 4,16 % vendredi, nettement au-dessus du rendement de clôture de la semaine précédente à 4,00 %. Le 10 ans US clôture la semaine à 4,57% contre 4,45% le 29 mai dernier.
Mercredi, la relative déception de la publication de résultats de Broadcom a entrainé les semi-conducteurs à la baisse, la publication des chiffres de l’emploi au-dessus des attentes de vendredi a accentué la pression sur les valeurs du Nasdaq.
Les dernières évolutions du conflit au Moyen-Orient ont contribué à la volatilité du prix du pétrole. Le WTI a progressé brièvement au-dessus de 96 dollars le baril mercredi avant de se stabiliser aux alentours de 90 dollars vendredi après-midi. Sur la semaine, le WTI progresse de 3,6%.
Sur la semaine, le CAC 40 progresse de 0,4%, le S&P 500 se replie de 2,5% et le Nasdaq chute de 4,6%.
USA
L’indice ISM des services ressort à 54,5 en mai contre 53,6 en avril et 53,8 attendus.
Europe
Le PIB de la zone euro se contracte finalement de 0,2% au premier trimestre de 2026 après une première estimation d’une croissance de 0,2%.
L’indice PMI composite de la zone euro chute à 48,5 contre 48,8 en avril et atteint un plus bas depuis novembre 2024.
Asie
Au Japon, la croissance du PIB du premier trimestre est revue à la baisse à +1,8% contre 2,1% initialement estimé. Le chiffre reste nettement au-dessus des 1,4% attendus par les analystes.
Sociétés
Résultats en ligne avec les attentes pour Broadcom avec un CA en hausse de 48%. Les semi-conducteurs liés à l’IA progressent de 143% sur un an ! Le chiffre d’affaires attendu pour le troisième trimestre est d’environ 29,4 milliards de dollars, soit une hausse de 84% sur un an.
L’entreprise affiche des résultats solides et une croissance IA spectaculaire, mais le marché attendait un relèvement des objectifs ce qui a provoqué une correction marquée du titre et entrainé l’ensemble du secteur des semi-conducteurs à la baisse.
A venir
L’indice d’inflation US CPI, dont la publication est prévue mercredi, permettra de déterminer si la récente tendance à la hausse de l’inflation s’est prolongée en juin. Rappelons que le dernier rapport a fait état d’un taux annuel de 3,8 % en avril — le niveau le plus élevé depuis mai 2023. Hors énergie et alimentation, l’inflation sous-jacente s’établissait à 2,8 % en avril.
L’introduction de SpaceX vendredi devrait être la plus grande de l’histoire. L’entreprise d’Elon Musk cherche à lever 75 milliards de dollars pour une valorisation approchant les 1800 milliards. L’opération sera un bon moyen de tester l’appétit des investisseurs à un moment où certains dossiers à fort bêta sont chahutés. Elle pourrait drainer une partie significative des capitaux d’investisseurs retail dans la Tech et avoir un impact sur l’indice Nasdaq 100 qui a décidé de faire des exceptions à ses règles (notamment sur le flottant du titre) en intégrant la valeur 15 jours après l’IPO. Un dossier à surveiller. Elle sera aussi un bon test avant les IPO annoncées d’OpenAI et d’Anthropic dans l’IA.
Nous alertons depuis plusieurs semaines sur l’envol des titres des composants électroniques et avons vendu une partie de nos positions dans la hausse. Nous croyons toujours à la dynamique de l’univers IA mais continuons de privilégier un équilibre dans nos fonds investis en actions. Nous suivrons naturellement de très près l’évolution des taux même si la qualité des récentes publications de nos fonds et la vigueur de l’économie US nous invitent à ne pas nous désinvestir tout en restant sélectifs.