Le 23/05/2022La panique vient des distributeurs US ! LE FLASH MARCHÉS ATHYMIS GESTION

Malgré de mauvaises statistiques économiques chinoises, la semaine avait plutôt bien commencé pour les marchés globaux. Les mauvais résultats de Walmart mardi, et surtout de Target mercredi, ont toutefois douché l’optimisme des investisseurs.

Flash marchés

Malgré de mauvaises statistiques économiques chinoises, la semaine avait plutôt bien commencé pour les marchés globaux. Les mauvais résultats de Walmart mardi, et surtout de Target mercredi, ont toutefois douché l’optimisme des investisseurs. L’inflation heurte violemment les marges des grands distributeurs US, les problèmes d’approvisionnement persistent voire s’amplifient et les clients orientent leurs achats vers des produits de première nécessité et les loisirs. Ces mauvais résultats ont pesé sur l’ensemble des indices : mercredi le S&P 500 perdait 4% et le Nasdaq 4,7%.

Vendredi, la Chine a décidé d’abaisser l’un de ses principaux taux directeurs, pour relancer son marché immobilier durement impacté par la Covid.

Accalmie relative du côté des taux: le 10 ans US termine la semaine à 2,79% après avoir dépassé les 3.13% début mai.

Vendredi, un rebond en fin de journée aura permis au S&P 500 de ne pas techniquement sombrer dans un bear market (baisse de 20%).

Sur la semaine, le CAC 40 perd 1,2%, le S&P 500 perd 3,1% et le Nasdaq 3,8%.

 

Sociétés

Nous arrivons à la fin du cycle de publications.

En Europe, publication au-dessus des attentes pour Burberry et en ligne avec les attentes pour Experian.

Aux USA, publication au-dessus des attentes pour Dynatrace. Belle publication également pour Home Depot avec une croissance organique de 2.2% dépassant de loin le consensus qui anticipait une baisse de près de 3% des ventes. Publication plus mitigée pour son concurrent Lowe’s avec un chiffre d’affaires en baisse de 4%, en dessous des estimations du consensus a -2.5%.

Grosse déception pour Target avec un chiffre d’affaires résilient, en croissance organique de 3.3% mais une marge brute qui passe à 25.7% en baisse de 435 bps, loin derrière les 29% attendus. Le groupe souffre de la forte hausse des coûts à un moment où les habitudes des consommateurs pivotent rapidement. Le titre dévissait de 25% lors de la publication entrainant les indices à la baisse.

Déception pour Applied materials avec un chiffre d’affaires en croissance de 12%, 2% sous les attentes en raison de contraintes d’approvisionnement. Résultats également mitigés pour Deere, la croissance du chiffre d’affaires est affichée à 10.9%, en-dessous des estimations de marché alors que la performance opérationnelle souffre d’une inflation des coûts de production.

En Asie, Sea limited rassure avec ses résultats trimestriels avec une croissance 5% supérieure au consensus et une marge brute de 40% contre 33% fixés par le consensus. Tencent déçoit avec une croissance 4% sous les attentes à 0%. Nous soldons notre position.

 

A venir

Après la débâcle des distributeurs américains, les chiffres de nos distributeurs Costco, Ulta Beauty et Dick’s sporting goods seront regardés de très près.

Mercredi, les minutes de la dernière réunion de la Fed seront publiées et largement commentées. Vendredi, sortiront les chiffres d’inflation PCE US, indicateur préféré de la Fed pour évaluer l’inflation.

La douche froide des publications des distributeurs US est un net avertissement quant à l’effet de ciseau auxquels les entreprises risquent d’être confrontées les prochains mois : des consommateurs qui dépensent moins ou différemment et des coûts en nette hausse, le tout avec des difficultés persistantes à s’approvisionner. Ceci étant dit, un net ralentissement de l’économie devrait peser sur les prix des matières premières et l’emploi donc les hausses de salaires et donc de fait peser sur l’inflation. Une hausse des taux plus mesurée que prévue de la part de la Fed pourrait dès lors redonner du baume au cœur aux investisseurs et ce alors que la situation en Chine semble s’améliorer sur le front sanitaire. Les prochains jours devraient rester tendus mais un scenario de sortie de crise, avec un fort rebond des marchés au deuxième semestre n’est pas à exclure, les débuts d’années en forte baisse ont historiquement été suivi de rebonds à deux chiffres…