En 2011, le venture capitalist Marc Andreessen a annoncé que le logiciel dévorait le monde. En 2026, le logiciel sera-t-il dévoré par l’intelligence artificielle ?
La sortie cette semaine de nouveaux outils d’intelligence artificielle par la startup Anthropic a très lourdement pesé sur un monde du logiciel déjà à la peine, confronté à un risque de disruption accélérée. Conséquence directe, les grands acteurs du private equity et du crédit, fortement engagés dans le secteur du logiciel, ont été les victimes de ces annonces. Des projections jugées décevantes d’AMD (absent de nos fonds) ont par ailleurs pesé en début de semaine sur l’univers des composants électroniques.
Les marchés ont eu du mal à digérer les annonces par Alphabet puis Amazon lors de leurs publications de hausses considérables de dépenses d’investissement avec une forte volatilité affichée par leurs titres.
Ces annonces ont toutefois permis aux acteurs des composants électroniques et des biens d’équipement de nettement rebondir vendredi, « pelles et pioches » bénéficiant de fait de cette « ruée vers l’IA ».
La semaine a de fait été marquée par une forte rotation sectorielle avec une surperformance des acteurs de l’économie traditionnelle au détriment des acteurs de la Tech.
Du côté des métaux précieux, l’or et l’argent ont connu une semaine mouvementée. L’or a rebondi à 4980 dollars l’once vendredi loin des 5 586 dollars constatés le 29 janvier dernier. L’argent cotait 77 dollars l’once vendredi contre 121 dollars le 29 janvier dernier.
En Europe, la BCE a maintenu ses taux directeurs en l’état à 2% après une inflation constatée à 1,7%, sous les 2%, cible de l’institution.
Le Bitcoin a repris sa chute en atteignant un nouveau point bas sous les 60 500 dollars jeudi avant de rebondir de 14% vendredi. Rappelons que le Bitcoin cotait 126 000 dollars il y a quatre mois.
Sur la semaine, le CAC 40 progresse de 1,8%, le S&P 500 perd 0,1% et le Nasdaq chute de 1,8%.
USA
L’indice de confiance de l’Université du Michigan ressort à 57,3 contre 55 attendus et 56,4 il y a un mois.
L’indice PMI manufacturier ressort à 52,4 contre 51,9 attendus et 51,9 constatés il y a un mois.
Europe
Le PMI manufacturier de la zone euro progresse à 49,5 en janvier contre 48,8 en décembre.
Asie
Au Japon, le PMI manufacturier progresse à 51,5 en janvier contre 50,0 en décembre.
Sociétés
Aux USA publications au-dessus des attentes pour Eaton, Eli Lilly, Johnson Controls, Linde, Mc Kesson, Ralph Lauren, Tapestry, Uber. Publications mitigées pour Cummins, Huntington Ingalls, MSG sports, Walt Disney.
Alphabet et Amazon publient des chiffres au-dessus des attentes mais l’ampleur de leurs investissements à venir inquiète, mettant la pression sur leurs titres.
En Europe, publications au-dessus des attentes pour Intesa San Paolo, Saab, Santander. Publications en ligne avec les attentes pour Assa Abloy et Infineon.
Publications mitigées pour BBVA, Société Générale.
Novo Nordisk de son côté annonce un CA à venir en baisse notable, nous soldons notre position.
Hors Europe et USA, publication au-dessus des attentes pour Latam Airlines. Publication plus mitigée pour Toyota.
A venir
Nous surveillerons de très près les publications les chiffres de l’emploi US mercredi, de l’indice d’inflation CPI US vendredi, et ce alors que le cycle de publications battra encore son plein.
Nous sommes depuis 2025, nettement sous exposés au secteur du logiciel et avons bien profité du rebond de vendredi sur les acteurs des biens d’équipement et composants, notamment au sein du fonds Athymis Industrie 4.0. La réduction récente de notre exposition aux « magnificent seven » a été judicieuse et est en ligne avec notre volonté de rester diversifiés.
De notre retour du CES de Las Vegas nous estimions qu’il fallait, dans la révolution technologique en cours, sélectionner industrie par industrie, les entreprises capables de bénéficier de gains de productivité liés à cette révolution et, surtout, capables de s’appuyer sur l’IA pour mieux servir leurs clients. Les rotations actuelles nous donnent raison.
Par ailleurs, dans un marché européen relativement préservé par les turbulences, notre fonds Athymis Trendsetters Europe se distingue, porté par un lot de publications selon nous très satisfaisant à ce stade.